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Montrer les réalités des conditions de vie et de mort des animaux d’élevage, c’est la mission que se sont fixée de nombreux militants antispécistes. L’association Red Pill en a même fait sa marque de fabrique. « Il faut faire un maximum de vidéos pour rendre les gens vraiment conscients », justifie William Burkhardt. Le trentenaire s’engage dans la cause animale après avoir vu Earthlings, réalisé par Shaun Monson. Quand il voit le documentaire, L214 a déjà publié ses premières vidéos tournées dans des élevages et abattoirs français. « c’est d’en faire une par semaine. Avec les réseaux sociaux, on peut atteindre des millions de vues ». Fort de cette ambition, William Burkhardt lance l’antenne française de l’association américaine Direct Action Everywhere (DxE) 23 en octobre 2018, avant de fonder Red Pill un an plus tard, en référence au film Matrix, dans lequel un personnage doit choisir entre avaler une pilule bleue qui le maintiendrait dans une ignorance bienheureuse ou une pilule rouge qui lui ferait voir une vérité qui dérange.   Avec son ex-compagne, Léa Dubost, il commence à filmer dans des élevages de grandes entreprises du secteur alimentaire. « Le grand public est contre l’intensif sans savoir ce que c’est, et sans savoir que les éleveurs qui produisent pour Fleury-Michon, Herta ou KFC sont en intensif ». Le militant entend révéler la face cachée des publicités de grandes marques. « Elles font semblant d’être transpa-rentes et disent que chaque consommateur peut venir vérifier, mais c’est du mensonge », s’insurge-t-il. William Burkhardt s’invite alors dans les exploitations, après avoir trouvé le nom et l’adresse des éleveurs sur Internet. De nuit la plupart du temps, il s’introduit dans les élevages, caméra en main, pour filmer les animaux. Les vidéos sont ensuite montées et mises en ligne sur la page Facebook de l’association. «Je vais vous montrer un nouveau jambon qui vient de sortir. C’est le jambon de la marque Brocéliande, le jambon “bien élevé”, mais bien élevé comment ? Je vais vous montrer comment ils se foutent bien de votre gueule », annonce le fondateur de Red Pill face caméra dans une vidéo publiée sur Facebook le 19 février 2020.  

William Burkhardt apparaît dans un rayon de supermarché, la barquette de jambon en mains. Les images plongent ensuite celui qui regarde dans les bâtiments d’un élevage porcin, avec les commentaires en voix off du militant. On y voit des cochons enfermés dans des boxes sur caillebotis, des porcelets allongés sur le sol sans vie, d’autres animaux malades. La vidéo cumule 2,2 millions de vues.

 

En un peu plus de deux ans d’existence, la page de l’association, qui précise être « une communauté d’enquêteurs mettant en lumière la réalité des élevages intensifs », compte désormais plus de 157 000 abonnés et contient une quarantaine de vidéos d’enquêtes25. Peu de départements métropolitains échappent aux intrusions de celui qui se considère comme lanceur d’alerte…

 

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